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Qu’est ce que l’insomnie et l’endormissement ?

Considérée comme le « mal des actifs », l’insomnie et les problèmes de sommeil et d’endormissement toucherait jusqu’à 20 % des Français. Mais pourquoi, au juste, certaines personnes souffrent-elles d’insomnie ?

Des simples troubles du sommeil à l’insomnie chronique, il existe un fossé qu’on est souvent heureux de ne pas franchir. « Manquer de sommeil n’est pas être insomniaque » rappelle ainsi le Dr Matthew Walker, professeur de neurosciences et de psychologie, directeur du laboratoire Sommeil et neuro-imagerie de l’université californienne de Berkerley dans son conséquent ouvrage Pourquoi nous dormons, le pouvoir du sommeil et des rêves (La Découverte, 2018). L’insomnie caractérise ainsi les personnes qui se donnent les moyens adéquats de dormir, mais ne parviennent pas à générer un sommeil en quantité et qualité suffisantes, même si elles y consacrent entre 7 et 9 heures de leur temps.

Pour la médecine du sommeil, être atteint d’insomnie exige ainsi de remplir certaines conditions bien spécifiques, qui se traduisent par des difficultés à dormir mais aussi par les conséquences de ce manque de sommeil dans la journée :

  • Avoir une quantité ou une qualité de sommeil insatisfaisante.
  • Souffrir de grave anxiété ou de troubles pendant la journée.
  • Souffrir d’insomnie au moins trois fois par semaine pendant plus de trois mois.
  • Ne souffrir d’aucune maladie ou trouble mental pouvant être la cause de ce qui semble être de l’insomnie.

S’il n’est pas impossible de souffrir d’une insomnie passagère, soit de troubles du sommeil, l’insomnie chronique se fait heureusement plus rare.

Insomnie d’éveil et insomnie d’endormissement

Pour le Dr Olivier Pallanca, psychiatre-neurophysiologiste, spécialiste du sommeil, les origines de l’insomnie puisent leurs sources dans trois troubles différents : les pathologies du sommeil, les troubles de l’endormissement et enfin les plus récurrents, les troubles de l’éveil.

Les pathologies du sommeil, à l’image des apnées du sommeil ou des parasomnies (somnambulisme, bruxisme – fait de grincer des dents dans son sommeil -, terreurs nocturnes…), viennent « perturber la balance veille-sommeil. […] La balance est bonne, mais des éléments viennent la perturber« .

Quand on en vient au sommeil, les spécialistes filent facilement la métaphore avec l’ordinateur. Les troubles d’endormissement trouvent quant à eux leur origine dans une perturbation des circuits du sommeil : « Vous n’avez plus les programmes à disposition pour lancer le sommeil, explique Olivier Pallanca. Ça va concerner les maladies neurologiques ou psychiatriques. Par exemple, caricaturalement, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, où les circuits du sommeil sont détruits, la maladie d’Alzheimer… bref des maladies neuro-dégénératives. Maintenant on peut même voir chez des plus jeunes, des prises de drogues type MDMA ou amphétamines, qui viennent détruire certains circuits du sommeil. C’est un peu comme si on était dans un ordinateur et qu’on cassait le processeur impliqué dans le sommeil. Quel que soit le niveau d’éveil, le sommeil va être perturbé dès qu’il arrive. »

Trouble de l’éveil

Le dernier trouble est certainement celui qui concerne la majorité des personnes atteintes d’insomnie. « Il s’agit d’un trouble de l’éveil, précise le Dr Olivier Pallanca. C’est-à-dire que le sommeil marche mais c’est l’éveil qui pose problème. Il faut bien garder en tête qu’il existe, pour le sommeil, des circuits dédiés. Pour bien dormir il faut qu’on ait des circuits de sommeil qui soient opérationnels, comme des programmes, et il faut qu’on ait des circuits d’éveil qui se débranchent d’une certaine manière. »  

En somme, il ne s’agit pas tant de s’endormir que de parvenir à maintenir le sommeil et à rester endormi :

Les circuits de sommeil fonctionnent bien, mais l’éveil n’arrive pas à se débrancher. On ne va pas s’endormir ou on va avoir du mal à maintenir le sommeil. C’est un peu l’insomnie de l’actif d’une certaine manière, celui qui n’a pas vraiment de problèmes de santé mais qui n’arrive pas à trouver le sommeil. Les circuits d’éveil sont trop activés et resurgissent pendant la nuit, en venant perturber les circuits de sommeil.

Pour le psychiatre-neurophysiologiste spécialiste du sommeil Olivier Pallanca, il s’agit en effet de trouver la configuration mentale idéale au moment où l’on va se coucher. « Il faut être capable, surtout pour les gens qui sont très actifs, de faire une coupure, mais une coupure qui ne soit pas nette, comme ça peut être le cas avec un somnifère« . Plus qu’éviter les appareils électroniques et écrans quand on cherche à trouver le sommeil, il s’agirait avant tout de « sanctuariser » le lieu où l’on dort. Il existe divers solutions naturelles à chaque problème.

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